La Minute Blond

Cinéphilement vôtre


Niney l'inouï

Publié par Clément sur 8 Janvier 2014, 12:48pm

Catégories : #Yves Saint Laurent, #cinema, #2014, #biopic, #drame

Les amis, permettez-moi de vous souhaiter une excellente année 2014, avec santé, bonheur et réussite pour tout le monde, comme ça pas de jaloux ! Et surtout, faîtes le plein de ciné, car on va encore en prendre plein les yeux cette année... Bien évidemment, je serais là pour découvrir ce grand cru 2014 en votre compagnie !

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Sans plus attendre, démarrons en beauté cette nouvelle année avec Yves Saint Laurent, vu en avant-première, et croyez-moi...l'année commence bien ! ;-)

Bonne lecture !

Niney l'inouï

De sa main sont nés robes, mousselines, drapés, broderies, alliant élégance et modernité sur les hanches des mannequins les plus affranchis. Par son esprit libre et provocateur, il aura marqué son temps en écrivant l’un des plus beaux chapitres de la haute couture. De celui qui a habillé des millions de femmes, Jalil Lespert en a opéré la délicate mise à nu, sobrement intitulée Yves Saint Laurent.

Nous est ici dressé son plus beau portrait, mais sont montrés aussi ses moments intimes, ses années de dévergondage, son addiction à la drogue, au sexe, son emprisonnement dans la déprime et son flirt incessant avec le bonheur, qu’il embrasse constamment en ne l’effleurant que trop vite de ses lèvres, pour épouser celles de Pierre Bergé, son fidèle compagnon de toujours. Son but, disait-il, n’était pas de faire de la femme l’égale de l’homme, mais d’en faire son adversaire en libérant sa féminité.

En les libérant toutes, il a révolutionné la mode. Mais il considérait que la plus belle parure que pouvait arborer une femme était les bras d’un homme. Sous toutes les coutures du créateur, c’est donc la plus amoureuse qu’on nous dévoile, et c’est remarquablement bien filmé. Côté acteur, n’est pas Saint Laurent qui veut, mais en cherchant bien, on trouve parfois un homme à la hauteur du mythe.

Pierre Niney est magnétique. Quand il est dans le champ, il n’y a que lui. Il dessine de manière instinctive les contours d’un Saint Laurent fragile, enfant, sensible, changeant, qui ne répond qu’à ses émotions tout en fuyant ses démons intérieurs. Une justesse de jeu désarmante et une respiration stupéfiante collent au plus près à la pudeur constante du personnage. Face à lui, Guillaume Gallienne incarne un Pierre Bergé rigide et implacable avec tout ce qu’il faut de touchant. Il est suprême à son tour, et tous deux sont dirigés avec talent par Jalil Lespert, qui décidément n’en finit plus de m’étonner tout du long.

Il y a à la fois une douceur et une intensité dans chaque prise, des jeux de reflets ou de miroirs osés et bien placés pour valser avec les différentes humeurs du personnage, voire pointer les dérives du créateur dans ses nuits de débauche et de délires sous stupéfiants. Mais aussi la mise en scène organique de sa vie. L’émouvante relation, si singulière entre Bergé et lui, éminemment portée par les jeux de regards entre les deux acteurs de la Comédie Française, la puissance de la photographie, des lumières, de l’ambiance feutrée de l’époque, la grâce de Charlotte le Bon. Puis, la cavale de quelques notes de piano nous emporte avec le récit. Désormais le tout nous enivre et le mythe se délivre, toujours avec beaucoup d’honnêteté.

Un film grandiose et sublime devant lequel on retient son souffle pendant une heure quarante, et ne respirons qu’avec celui d’YSL et de son interprète. Ce dernier, avec le film, sont d’ores et déjà de sérieux prétendants aux Césars. Réponse dans un an pour Gallienne, Niney et Lespert, trois jeunes bourrés de talents, synonymes d’un avenir très prometteur pour le cinéma français.

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