La Minute Blond

Cinéphilement vôtre


Pourtant, que la montagne est belle...

Publié par Clément sur 26 Janvier 2014, 14:01pm

Catégories : #L'Amour Est Un Crime Parfait, #cinema, #France, #Thriller, #drame, #2014, #Mathieu Amalric

Début de chronique pompeux et longuet, je vous autorise à passer directement à la critique. CELA DIT, j'aimerais tout de même avoir votre avis sur les problématiques relatives à nos désirs hormonaux soulevées dans le quatrième et dernier paragraphe de cette chronique péniblement longue...

Si le temps m’a pris de court ces jours derniers, la froid n’a pas encore gelé mes ardeurs, bien au contraire ! Parmi l’avalanche de projets qui s’amoncelle pour moi en ce début d’années, je veux et j’exige d’exquises chroniques, et ce jusqu’au bout de cette année 2014, qui, si l’on en croit le programme, annonce encore un grand cru cinéphile. Je profite également de ce temps informel pour vous glisser quelques chaleureux remerciements quant à votre fidélité, qui ne cesse de croître depuis le début de la Minute Blond (qui a soufflé sa première bougie en octobre dernier si je ne m’abuse…). 

Et à ce propos, je vous signale la disparition du bouton « like » facebook au bas des pages de ce blog, suite à une mise à jour Overblog que on sait pas trop pourquoi qu’y z’ont fait ça… Au-delà du fait que les « likes » permettaient de flatter mon incommensurable égo de cinéphile, ils me permettaient avant tout de jauger votre engouement pour tel ou tel contenu, voire telle ou telle stratégie de mise en page, de COMMUNICATION, de procédé graphique, etc… Face à cette tragique amputation, je vous propose de déposer vos likes directement sur les publications de la page facebook si tant est que la critique vous ait plu. Vous serez bien mignon mon petit… 

Aparté concernant la bande-annonce du film (présente au bas de la page) : Pourquoi systématiquement mettre les scènes les plus "hot" des films en image de bande-annonce ? L'internaute est-il définitivement devenu un spectateur guidé par le son seul désir hormonal qu'on appâte avec une vitrine de jouets (ou de sex toys, ha ha...) ? La société de consommation se porterait-elle mieux si elle collait aux techniques de l'industrie pornographique ? A méditer...

Anyway, revenons à nos premiers amours, parlons de crime, tentons d’être parfait !

Pourtant, que la montagne est belle...
Pourtant, que la montagne est belle...

J'ai pas d'intro : L’Amour Est Un Crime Parfait de Jean-Marie et Arnaud Larrieu, est l'histoire de Marc, professeur de littérature à l’université de Lausanne, en Suisse, ayant pour réputation de collectionner les aventures amoureuses auprès de ses étudiantes. Un jour, l'une d'entre elles est portée disparue, Marc devient alors le premier suspect de l’affaire, et l’objet d’un curieux jeu de séduction…

Etoile des neiges, mon cœur amoureux, s’est pris au piège de tes grands yeux ! (♫ Ada ! Ada ! ♫) N’est-il pas plus belle image que celle d’un Mathieu Amalric au regard hypnotique contemplant les blancs manteaux de neige suisses au milieu d’une pluie de flocons ?

Possèdant l’espace comme personne, il incarne à la perfection la maladie d’amour d’un Dom Juan accro aux conquêtes d’un soir, puis le tourment provoqué par cette mystérieuse disparition d’une étudiante. Un personnage à la hauteur de son talent, car il est attachant autant qu’il apparaît coupable de cette sombre affaire. Et pourtant, quoi qu’on en dise, l’amour est un crime parfait…

Si le titre fait écho au célèbre thriller d’Alfred Hitchcock - Le Crime était Presque Parfait, le suspense, lui, ne sera pas de la partie autant qu’on l’aurait cru. Et pour cause : Si le début nous conforte dans l’idée d’un polar sombre et cérébral, la suite nous amène vers dans un tout autre ton, basé sur les sentiments puis les délires du héros qui n’en finit pas de voir l’étau se resserrer sur lui. Nous voici donc devant un subtil mélange des genres savamment opéré par les frères Larrieux.

Mathieu Amalric et Sara Forestier

Mathieu Amalric et Sara Forestier

 

Ces derniers étant avant tout des directeurs de la photographie, cela expliquerait notamment leur amour du cadre et de l’image dans lesquels ils cultivent les grands espaces et la symbolique des lieux. Opposition faîte entre la propreté de l’université Rolex Learning Center et le chalet reclu du héros parmi les somptueux massifs enneigés des montagnes helvètes, terres de jeu d’un casting royal avec aux côtés de Mathieu Amalric, Karin Viard, Denis Podalydès, Maïwenn et Sara Forestier tous aussi captivants les uns que les autres.

Plusieurs éléments symboliques viennent garnir l’intrigue : le printemps qui se fait attendre, et qui lèvera bientôt le voile sur cette affaire. Le parallèle avec l’addiction des personnages à la cigarette comme leur addiction à l’amour, qui transparaît ici comme un art suprême, au même titre que la littérature, ainsi que la diction et l’articulation des dialogues nous le laissent penser. Nous voici revenus aux mœurs antiques du langage, quand l’art de bien discourir signifiait séduire.

Si les codes du thriller ne recouvrent pas totalement le film comme nous l’attendions, celui-ci n’en demeure pas moins savamment travaillé dans son intrigue jusqu’à son émouvant final, et tenu par un Mathieu Amalric à son meilleur. Oui, certes, quelques faux raccords çà et là, une mise en scène assez faiblarde. « Pourtant, que la montagne est belle », nous dirait Jean Ferrat.

Vous n'avez rien lu...

NOTE : 6/10

PS : Retrouvez cette critique dans le podcast de l'émission 12 de Fréquence Ciné ! :)

Mathieu Amalric, Maïwenn et Karin Viard

Mathieu Amalric, Maïwenn et Karin Viard

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