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Tous les mêmes

Publié par Clément sur 30 Janvier 2014, 10:08am

Catégories : #12 Years a Slave, #cinema, #2014

Tous les mêmes
Tous les mêmes

Je vous vois venir... Non je n'aime toujours pas Stromae, oui, il a du talent, non, je n'ai pas voulu faire référence à sa couleur de peau, mais oui, j'ai voulu appâter votre curiosité en vous parlant d'un film FORMIDABLE : 12 Years A Slave. Et pour cause, avec pas moins de 9 nominations aux Oscars, ce film coup de poing sur l’esclavagisme des noirs au XIXème siècle peut d’ores et déjà se vanter de figurer parmi les meilleurs long-métrages de 2014. Explications...

Le film raconte l’histoire vraie de Solomon Northup, un jeune noir américain qui sera enlevé et vendu comme esclave en 1841, dans une époque sombre où la ségrégation sévit encore au plus haut aux Etats-Unis. Face à la cruauté d’un propriétaire de plantation de coton, Solomon se bat pour rester en vie et garder sa dignité. Un récit extrêmement puissant, qui n'attend que vos yeux pour pleurer...

Tous les mêmes

Quand le cinéma contemporain rencontre le passé des Etats-Unis, c’est bel et bien presque toujours pour réconcilier les américains avec leur histoire. Et en général, ils se loupent très rarement. Rien qu’en examinant les douze derniers mois, on peut au moins compter quatre bons voire très bons films sur le sujet : Django Unchained, Le Majordome, Mandela : Long Way To Freedom et Fruitvale Station. Autant d’arguments taillés sur mesure pour rappeler que la ségrégation, la traite des esclaves, le racisme ou encore la privation des droits de l’homme sont désormais loin derrière nous.

Tous les mêmes. Et Steve McQueen de porter à l’écran ce qui semble être le récit le plus frappant à ce sujet. En choisissant de se focaliser sur le malheur d’un homme, il touche ce qui en chacun de nous fait que nous sommes des êtres humains. L’idée est de montrer la violence au plus haut niveau, voire de la rendre quasi-réelle à l’écran, qu'elle nous frappe tous. Nous aussi, tous les mêmes.

Pour cela, le cinéaste fait de sa caméra un témoin du récit à part entière, collant au plus proche des visages avec toute l’intimité qui convient. Et quand ce ne sont pas des gros plans qui nous donnent à voir l’âpreté de chaque scène, ce sont d’excellents plans-séquences qui prennent le relais. Steve McQueen se paye même le luxe de filmer par ce biais deux scènes très dures afin d’insuffler toute la violence nécessaire à son propos.

Outre le talentueux cadrage ainsi effectué, 12 Years A Slave brille avant tout pour son casting impérial : Benedict Cumberbatch, Paul Dano, Lupita Nyong’o, Brad Pitt, avec en tête Micheal Fassbender, pour sa troisième collaboration avec le réalisateur, mais enfin et surtout Chiwetel Ejiofor dont la qualité d’interprétation dépasse l’entendement. A leurs jeux d’acteurs saisissants s’ajoute une bande-son magistrale signée Hans Zimmer, laquelle surlignera jusqu’au bout la force du propos tenu par le film.

L’honnêteté, c’est peut-être le meilleur mot pour caractériser le cinéma de Steve McQueen. Il est paradoxal d’affirmer que l’image d’un passé aussi douloureux puisse être aussi belle à regarder. Et pourtant, le résultat est là, avec toute l’émotion qu’il convient d’afficher en contemplant 12 Years A Slave. Un drame poignant que ne manqueront pas de récompenser les Oscars, histoire de rendre ce qui lui appartient à César.

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PS : ...et entendrez peut-être l'Instant Critique juste au-dessous, ou dans le podcast de Fréquence Ciné. Je vous mets tout ça ici, bonne journée les amis !! :)

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