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La Grande Illusion

Publié par Clément sur 26 Février 2014, 09:34am

Catégories : #cinema, #American Bluff, #2014, #Bradley Cooper, #Jennifer Lawrence, #comédie, #USA, #Jeremy Renner, #Christian Bale, #Oscars

La Grande Illusion

Une pluie de nominations aux Oscars sur American Bluff, il n’en fallait pas moins pour me pousser à venir contempler le récit cette grande arnaque, inspirée d’une histoire vraie de l’Amérique des années 70…

On part sur du Duke Ellington en fond musical, grande classe au menu de ce premier plan-séquence, qui remonte peu à peu de l’opulent bide de Christian Bale jusqu’à son crâne dégarni dont il essaye de remettre tant bien que mal le postiche devant le miroir d’une chambre d’hôtel. Tout est dit : Apparence et faux-semblants vont désormais valser avec une classe terrible dans le nouveau film de David O’Russell, avec Cooper, Lawrence et consors.

American Bluff est une comédie dramatique dans laquelle le bluff est au cœur du sujet, car il transparaît partout, sur tous les visages des personnages. Le réalisateur opère donc une très bonne symbolique sur les faux-semblants, le mensonge, l’apparence, les non-dits et les rôles qu’on joue, tout ça pour dire qu’être honnête envers les autres c’est aussi être honnête envers soi-même.

Si le jeu de la caméra venue frotter les visages des personnages confère toute sa tension au cadrage, la mise en scène n’en demeure pas moins passable. Cela reste correct, mais ce n’est pas énorme non plus. En fait, O’ Russell est surtout très bon dans la direction d’acteurs, et à ce niveau on peut dire qu’il est servi pour un casting royal avec Christian Bale, Bradley Cooper, Amy Adams, Jennifer Lawrence et Jeremy Renner. Tous les cinq nous offrent leurs plus belles interprétations, ce qui en fait le point fort du film.

A côté de ça plusieurs bonnes idées dont le petit passage très apprécié de Robert De Niro en caïd de la mafia. Quant à Jennifer Lawrence, c’est toujours un plaisir de la voir se lâcher sur Live and Let Die de Paul McCartney & The Wings. Du coup, on rit à de nombreux moments, comme des respirations dans une intrigue plus ou moins sérieuse somme toute. Et ces respirations seront indispensables pour redonner du pep’s aux deux heures et quart de film.

C’est bien là que le bât blesse, puisqu’on va rapidement sombrer dans un récit un peu platonique d’où s’échappe un manque certain de dynamisme, c’est pourquoi le film s’essouffle quelque peu en longueur. Pour tout vous dire, on s’attendait à voir une comédie ultra-déjantée, ce que nous confirme la scène d’ouverture, un plan-séquence drôle et de qualité, sauf qu’après c’est la désillusion et ce malgré le talent des acteurs. Qui plus est j’ajouterai que 99% des scènes ont lieu en intérieur, ce qui procure un certain confinement à l’ensemble…

Si le film de David O’Russell doit recevoir un Oscar, ce sera certainement pour ses décors, mais de là à dire qu’il mérite celui du meilleur film, je ne m’y risquerai pas… Autrement, ses acteurs s’en chargeront pour lui tant ils brillent par leurs interprétations respectives. American Bluff est bon, mais pas autant qu’on aurait pu s’y attendre. Et donc, quid de l’Oscar ? Beaucoup de bruit pour pas grand-chose…

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Note : 6/10

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