La Minute Blond

Cinéphilement vôtre


La folie des grandeurs

Publié par Clément sur 17 Février 2015, 13:10pm

Catégories : #Jupiter Ascending, #Andy Wachowski, #Lana Wachowski, #Mila Kunis, #Channing Tatum, #Sean Bean, #USA, #science-fiction, #2015

La folie des grandeurs

Je suis d’ordinaire assez friand du travail des Wachowski, qui m’ont toujours ravi par leur originalité et leur implication dans leurs œuvres. Au-delà de leur saga culte Matrix, ou encore de leur regard dévoué sur V pour Vendetta, leur Cloud Atlas m’avait laissé béat d’admiration il y a de cela 2 ans. Des films dans lesquels on se plaît à détailler chaque indice laissé dans chaque film et nous laissons porter par leur univers alambiqué mais toujours source de sensations morales et émotionnelles. Ainsi va le nouveau challenge de Jupiter Ascending, leur dernier film, qui vous l’aurez compris, s'est ici heurté mon âpre désappointement…

L’on nous conte ici l’histoire de Jupiter, une femme de ménage annoncée comme la réincarnation d’une reine à échelle intergalactique, propriétaire de la Terre, et convoitée par trois demi-dieux se partageant le règne de la galaxie toute entière, désireux de l’éliminer afin de s’emparer de notre belle planète pour y faire leur moisson habituelle. Là-dessus, un mystérieux beau gosse mi-loup mi-humain et ancien militaire débarque pour protéger la belle avec l’aide de Ned Stark alias Sean Bean, tandis que Jupiter ne sait pas trop ce qu’elle veut, sauf peut-être embrasser son nouveau bodyguard de l’espace. Bref, c'est le dawah.

Un spectacle visuel avant tout 

Ce qui nous frappe en premier lieu dans Jupiter Ascending, c’est avant tout son univers visuel détonnant, formidablement désigné, originalet dantesque. Ce seul point, particulièrement décisif pour le genre de la science-fiction, suffit à faire des Wachowski les grands manitous du genre, portant à l’écran de formidables spectacles, oniriques et de qualité sans égale. Puis, arrive le reste, et là : c’est la désillusion…

Tout d’abord, Jupiter Ascending s’accompagne d’un bémol de taille au niveau de son scénario, à savoir celui de toujours maintenir l’action à son plus haut pendant 2 heures et demie par le biais d’un séquençage régulier de climax et ce dès le début. Si certains s’accordent à défendre la volonté des réalisateurs d’avoir volontairement construit leur récit ainsi pour faire redescendre la génération Y sur Terre et calmer leurs désirs utopistes et maniérés (comme expliqué ici), cet argument, aussi recevable soit-il, ne joue pas vraiment en leur faveur, et finit d’envenimer le débat sur le film, qui ne se foule pas vraiment pour exprimer le soi-disant argument soulevé.

La folie des grandeurs

Des personnages creux et peu attachants

Le fait est que les buts respectifs des personnages ne nous sont jamais présentés, et qu’à aucun moment les protagonistes ne nous emportent avec eux dans leur histoire tant ils manquent d’humanisme. L’on s’en tient alors à un regard passif de la trame se déroulant sous nos yeux.

Le plus dur est encore de se convaincre de la quête de l’héroïne, et plus encore de sa finalité, voire même de la valeur de son héroïsme quand on sait que [SPOILER] la donzelle se fait sauver 3 fois de suite par le personnage de Channing Tatum, n’arrive à rien toute seule, ne sait pas ce qu’elle veut, et ne gagne rien à la fin. [FIN DU SPOILER] Bref, on ne comprend à aucun moment les buts, désirs et aspirations des personnages, que cela soit au travers du scénario ou des interprétations.

En effet, les acteurs ne s’en tirent pas mieux : Mila Kunis ne séduit pas, Channing Tatum ne sert, à l’inverse, qu’à faire joli (à ce titre, le design de son personnage, faisant écho à celui d’un loup, est ultra-réussi). Quant à Sean Bean, bien qu’ultra-populaire auprès du grand public, il ne légitime pas vraiment sa présence à l’écran ici. Enfin, Eddie Redmayne (actuellement grimé en Stephen Hawking dans Une Merveilleuse Histoire du temps) se perd dans un jeu caricatural au possible du méchant de l’histoire, proche d’un Voldemort sous morphine via un cancer des poumons en phase 4, et surtout bien loin du méchant charismatique qu’on espérait.

 

CONCLUSION :

Les Wachowski ont mis du cœur à l’ouvrage, c’est certain. Sauf que cette fois-ci, ils l’ont fait pour eux, abandonnant leur spectateur à la porte d’un récit fade et platonique, que pas même Tatum et Kunis n’ont su relever. Reste ce fantastique univers graphique et visuel, dont la parfaite réalisation suffit à combler nos mirettes, et à élever Jupiter Ascending à sa juste valeur en tant que film de science-fiction. Ceci étant dit : Andy, Lana, à vous de redescendre sur Terre, la génération Y vous y attend de pied ferme.

Bonne semaine à tous, moi je cinéphile ! ;-)

 

NOTE : 5/10

(Vu en 3D VOST)

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