La Minute Blond

Cinéphilement vôtre


Beaucoup de bruit pour rien

Publié par Clément sur 2 Juin 2013, 19:29pm

Catégories : #Only God Forgives, #cinema

Beaucoup de bruit pour rien

Résumé:

À Bangkok, Julian, qui a fui la justice américaine, dirige un club de boxe thaïlandaise servant de couverture à son trafic de drogue. Sa mère, chef d’une vaste organisation criminelle, débarque des États-Unis afin de rapatrier le corps de son fils préféré, Billy : le frère de Julian vient en effet de se faire tuer pour avoir sauvagement massacré une jeune prostituée. Ivre de rage et de vengeance, elle exige de Julian la tête des meurtriers. Julian devra alors affronter Chang, un étrange policier à la retraite, adulé par les autres flics…

Beaucoup de bruit pour rien

Voilà un film qui a fait du bruit. Au figuré chez les critiques comme au propre au Festival de Cannes où il fut hué ET acclamé au terme de sa projection. Quoi qu'il en soit, c'est la seconde collaboration du danois Nicolas Winding Refn et de Ryan Gosling depuis Drive, et il me tardait de la découvrir...

Le plan de Winding Refn est simple: absoudre la violence de tous ses plans de départ et ne montrer que les après-coups ensuite, puis faire enfler creshendo cette violence dans un langoureux montage pour pénétrer dans les entrailles douloureuses de la vengeance, le tout en fondu sur un Bangkok plus filmé in vivo qu'autrement.

Clip hypnotique aux faux-airs de Kill Bill, Only God Forgives m'a déçu sur de nombreux points. Ce n'est pas tant qu'il est mauvais, c'est plutôt qu'il était trop attendu, et doublement surestimé par une bande-annonce survendeuse à l'esprit néo-psychédélique. Et si l'on fait l'incontournable comparaison avec Drive, du même réalisateur, OGF est tout de suite beaucoup moins lumineux. En cause l'inertie permanente des personnages, nonobstant celui de Kristin Scott Thomas - divine - , la lenteur du montage et la noirceur totale du rendu. J'avais évoqué il y a de ça 3 critiques la remarquable prestation de Ryan Gosling dans The Place Beyond The Pines. Ici même ses sourcils ont arrêté de jouer. Immobile, il se laisse filmer avec pour seul intérêt celui de montrer sa belle gueule pour bien vendre le film.

Après, je ne veux pas blâmer cette oeuvre soit-disant ratée, ni au contraire me faire l'avocat du diable, mais si l'on s'en tient à la symbolique générale, tout est bon: les plans figés sur les mains et sur les personnages féminins, l'alternance entre point de vue interne/externe, la bande-son impériale et violente, l'aquarelle rouge sang plâtrée d'orange qui embaume les personnages, la symétrie parfaite dans le cadrage très strict d'une caméra enlevée, font de la photographie et de la technique les atouts évidents d'un film qui pourtant se consume à petit feu sans qu'il se passe grand chose au final...

Bref, la symbolique m'a plu, l'esthétique m'a captivé, mais le rythme et les protagonistes m'ont perdu. Allez on oublie tout, il ne s'est rien passé depuis Drive, le chef d'oeuvre absolu du cinéaste.

Vous n'avez rien lu...

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