La Minute Blond

Cinéphilement vôtre


La fille prodigue est de retour

Publié par Clément sur 18 Juin 2013, 16:30pm

Catégories : #The Bling Ring, #cinema

La fille prodigue est de retour
La fille prodigue est de retour

Et elle revient de loin !

Loin le temps où Sofia Coppola flirtait avec le mélo dans Lost In Translation avec un Bill Murray tristounet zonant dans les rues de Tokyo avec Scarlett Johansson, mais surtout loin le triste temps de Somewhere, essai raté sur la solitude d'un père devenu patate de canapé. La réalisatrice s'est penchée cette fois-ci sur l'univers piégeux de la mode et du superficiel (offrant au passage à la sublime Emma Watson une occasion de goûter à autre chose que du jus de citrouille...).

Que cela soit dans Lost In Translation, Marie-Antoinette ou Somewhere, Sofia Coppola s'est toujours intéressée à la solitude de ceux qui ont tout: pouvoir, argent, célébrité. N'en déplaisent aux habitués, elle vire de bord dans The Bling Ring, préférant observer la fascination abusive d'un groupe de jeunes fashion victims pour les fringues des stars, voire leur mode de vie tout entier. Leur aveuglement dans ce monde de l'image les pousse à s'introduire chez Lindsay Lohan, cambrioler Megan Fox, squatter chez Paris Hilton. Cela commence par un bijou + un sac à main, puis c'est une collection de chaussures, puis c'est une voiture, puis c'est de la gourmandise, et ça devient addictif autant que c'est facile.

La caméra prend le relais, coinçant petit à petit nos anti-héros dans leur propre délire cleptomane en donnant cette sensation d'étouffement. Ajoutons des artifices, virons les figurants, augmentons le nombre d'objets, rétrécissons le champ, puis diminuons l'éclairage : les voici pris au piège, et désormais, comme le veut la tradition Coppola fille, seuls à leur tour.

La richesse accumulée, le larçin raflé chez leurs victimes, la célébrité acquise grâce aux médias, la popularité par les réseaux sociaux : Tout ceci n'est qu'une parure artificielle destinée à cacher le mal-être d'une jeunesse en mal de confiance en soi. Cette histoire vraie, transformée pour l'occasion en outil pamphlétaire par la cinéaste, rappelle à juste titre la présence d'une femme qui compte dans le milieu du 7ème art. On aime ou on aime pas. C'est du Sofia Coppola. Un cinéma sobre et calme qui fait son remue-méninges sur plusieurs jours après visionnage. Un cinéma nécéssaire et qui fait du bien. Du cinéma, somme toute.

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